jeudi 17 avril 2014

Adieu



La main ouverte sur le monde, elle caresse doucement son menton. Deux grands yeux verts regardent l'éternité. Derrière cette mer apaisée s'est déchaîné un ouragan de merveilles. Les éclairs brûlaient le ciel de ses grandes cicatrices blanches. La nuit déchirait violemment le bleu de toutes les aurores du monde. Apocalypse, le cœur y est resté. Se détacher de son âme, et parcourir le corps du firmament. Les larmes débordent sur ses joues roses. La rosée givre sous ses paupières, dernier azur de tendresse. Mer de sang, mer de feu, mer bleue. Le calme est revenu. L'amie est déjà loin, étoile éteinte dans les prairies du ciel. Seule. Les vagues amer viennent épouser son corps comme des méchants couteaux froids. Une nuit. Un matin. Échouée sur l'île de l'oubli elle écoute les chants du silence. Adieu belle muse. Adieu cruelle au regard tendre. Adieu envolées de cigognes. Adieu petit matin brûlant derrière les tours du silence. Adieu nuits de merveille. Adieu âme, sœur. J'ai crié du silence trop longtemps. Le navire est à quai. Barque fragile qui m'emmenera au bout du monde. 

Longtemps, longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu.